C’est à Beslé sur Vilaine, petite bourgade de moins de 600 habitants aux confins de la Loire Atlantique et de l’Ille et Vilaine, que le collectif nord organisait le premier grand rendez-vous départemental de la campagne Bové. Les organisateurs avaient eux-mêmes fixé à 200 le seuil minimum de réussite de cet après-midi débat. Pari gagné puis qu’ils étaient plus de 300 à suivre l’intervention de François Dufour, syndicaliste paysan comme José Bové et porte-parole national de la campagne.
Soulignant d’emblée que « José Bové avait accepté de porter son nom sur un bulletin, mais qu’il n’était pas le chef de file », François Dufour a souligné la volonté de « démystifier d’où vient le mal, cette dictature des marchés », pour « une majorité de gauche qui refuse le libéralisme et défende les services publics ».
« Il faut battre Sarkozy »
Pourfendant « l’arrogance de Sarkozy et de sa bande vis à vis des gens qui souffrent», François Dufour a estimé qu’une victoire du candidat de l’UMP « serait un recul énorme pour la démocratie en France ». Appelant de ses vœux « l’organisation de débats contradictoires entre les candidats », et rappelant que pour lui « la droite et la gauche ce n’est pas la même chose », le syndicaliste paysan n’a pourtant pas non plus mâché ses mots face à « la gauche qui a failli, une social-démocratie libérale qui accompagne un système qui détruit ».
« Tout devient marchandise »
Situant à 1995 et les premières manifestations contre l’OMC, qu’il a co-organisé avec José Bové, l’émergence du mouvement altermondialiste, François Dufour a indiqué que « L’Europe que l’on construit est la courroie de transmission de l’OMC, pour déréguler et « marchandiser » protection sociale et service public ».
« Un gâchis énorme »
Interrogé sur la division des candidats antilibéraux, François Dufour n’a pas hésité à parler d’un « énorme gâchis ». « On aurait préféré être tous ensemble » a-t-il poursuivi, « on aurait eu une toute autre dynamique. Le système économique qui nous broie se félicite de nos carences et de nos divisions ».
« L’individualisme a repris le pouvoir »
Commentant l’échec de son syndicat aux récentes élections aux Chambres d’agriculture, l’ancien porte-parole national de la Confédération Paysanne, - comme José Bové – y voit un retour de « l’individualisme », alors même que les conditions d’existence se détériorent en milieu rural : « les cassures dans la société c’est aussi dans les campagnes ».
Parlant de « l’insoutenable fracture entre les plus en plus riches et les plus en plus pauvres», François Dufour a conclu son intervention, devant un public conquis, en dénonçant « la spéculation actuelle sur les maisons » en milieu rural, « la restriction des terres » au profit de l’implantation de « logistique commerciale », égratignant au passage le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, mettant en péril « la souveraineté alimentaire et privilégiant « la logique d’une agriculture industrielle », rappelant au passage qu’aujourd’hui « aucune assurance au monde n’accepte d’assurer contre les conséquences des OGM ».
Prochain grand rendez-vous des partisans de Bové, avec le candidat lui même et plusieurs des porte-parole nationaux, le 29 mars prochain à Nantes, du moins si d’ici là l’obstacle des 500 parrainages est franchi. « On en est à un peu plus de 400 aujourd’hui » a indiqué François Dufour.
Bravo pour la mobilisation!
En espérant que le p'tit José et son équipe réunisse les signatures manquantes.