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Dimanche 18 mars 2007

 

Hier, à Rennes, 20 000 manifestants, venus du Grand Ouest, ont défilé contre le futur réacteur EPR de Flamanville. Une mobilisation dans la tradition antinucléaire de l'Ouest.

Le Malouin Joseph s'est mis debout sur la balustrade. Fièrement coiffé d'un chapeau mexicain que l'on croirait sorti des malles d'une opérette, il harangue le cortège sur un air de Charles Trénet : « Qu'est-ce qu'on attend pour la planète ? Y'a du soleil. Et y'a du vent. Il faut penser à nos enfants ! » Hier après-midi, à Rennes, ils ont été des milliers à y penser. Combien exactement ? Sur ce sujet, police et organisateurs ont une nouvelle fois joué un air d'accordéon : près de 10 000 manifestants selon les forces de l'ordre ; 40 000 selon le collectif « Stop EPR ». Plus probablement 20 000.

Sur les quais, à l'affiche du nouveau film d'Alexandra Leclère, « Le prix à payer », Nathalie baille tant le cortège s'étire. D'un bout à l'autre, il défile durant près d'une heure. Pas de doute, la mobilisation contre le futur réacteur EPR de Flamanville, qui devrait être mis en service en 2012, a drainé des manifestants de l'ensemble du grand Ouest : de Bretagne, de Normandie, des Pays de la Loire (Mayenne), mais aussi de La Rochelle, de Tours... « C'est normal. Il y a tout de même une longue tradition anti-nucléaire dans l'Ouest », rappelle le député des Verts, Yves Cochet, évoquant les manifestations de Plogoff, à la fin des années 70. Plusieurs personnalités ont également fait le déplacement. Olivier Besancenot est très entouré. « La clé du succès est la question de l'emploi. Il faut qu'on puisse rallier à notre cause les salariés d'EDF. Cela commence un peu. Emploi et environnement ne s'opposent pas », assure le candidat de la LCR à la présidentielle. Jean-Claude Pierre, du réseau Cohérence, en veut pour preuve l'exemple allemand. De l'autre côté du Rhin, où la dernière centrale devrait cesser sa production en 2023, « 175 000 emplois ont déjà été créés dans le secteur des énergies renouvelables », annonce-t-il.

A quelques pas de là, Corinne Lepage est également venue. L'ancienne ministre de l'Environnement, tout en étant fermement opposée au nucléaire, maintient son ralliement à François Bayrou, pourtant moins tranché sur cette question. « Il souhaite relancer un débat sur le nucléaire en France. Il reste, en tout cas, très ouvert et convaincu de l'intérêt des énergies renouvelables », assure-t-elle. « Vous avez vu José Bové ? », questionne une manifestante, appareil photo à la main. Parmi les personnalités annoncées, le leader altermondialiste est en fait le seul absent de la journée. Selon les versions, le candidat à la présidentielle serait, soit grippé, soit éprouvé par sa récente recherche effrénée de parrainages.

Qu'à cela ne tienne. Dans le défilé, les arguments contre le réacteur de Flamanville vont bon train. « Pour Areva, il ne s'agit que d'une vitrine commerciale qui lui permettra de vendre d'autres réacteurs en Inde ou en Chine », assure Didier Anger du collectif « EPR : non merci ».

Pierrick BAUDAIS.

Quatre autres défilés hier après-midi, à Lille, Strasbourg, Lyon et Toulouse ont réuni plusieurs milliers de manifestants, 10 000 selon la police, plus de 20 000 selon les organisateurs. À Toulouse, Dominique Voynet, candidate des Verts à la présidentielle, se tenait en tête du cortège. Elle a fustigé « la mollesse » des candidats de gauche sur le nucléaire.

Ouest-France

Par l'homme des bois - Publié dans : CAMPAGNE NATIONALE
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